FOCUS - Le Zoroastrisme

05/09/2017

Religion majoritaire dans la Perse pré-islamique, le Zoroastrisme ne subsiste aujourd'hui principalement plus que dans la région de Yazd. Cette religion monothéiste (autour du dieu Ahura Mazda) fait la part belle aux quatre éléments : le feu, l'eau, la terre et le vent sont au centre de tout.

En dehors de la ville de Yazd se trouvent des Tours du Silence. Contrairement à leur nom, ce ne sont pas réellement des tours, mais plutôt des bâtiments en pierre qui ressemblent à des petites forteresses, au sommet de colines. Si elles ne sont plus utilisées aujourd'hui, leur importance était primordiale puisqu'elles faisaient office de cimetière pour les Zoroastriens. 

En effet, puisque les quatre éléments sont purs, les Zoroastriens ne pouvaient ni enterrer leurs morts (pour ne pas salir la terre), ni les incinérer (pour ne pas salir le feu), ni jeter leurs corps à la rivière (pour ne pas salir l'eau), ni les laisser croupir dans un coin (l'odeur aurait sali le vent). La seule solution restante : les Tours du Silence. Lorsque quelqu'un décèdait, on apportait sa dépouille à la Tour, en haut de la coline. Le corps était laissé tout en haut, à l'air libre, pour qu'il y soit dévoré par les vautours. Ne restaient que les os, qui étaient entreposés dans une fosse commune. 

Aujourd'hui, les quelques centaines de milliers de Zoroastriens restant habitent dans les alentours de Yazd. A une heure de voiture de la ville se trouve un ancien village zoroastrien abandonné il y a une dizaine d'années : Kharanaq.

Là aussi, ce sont des maisons en terre. Les conditions de vie étaient très sommaires, puisqu'il n'y avait ni électricité, ni eau courante. En grande partie détruite, c'est un vrai labyrinthe. La manière la plus simple (et le plus belle) d'y circuler est donc de passer de toit en toit. Assister depuis une terrasse au lever du soleil, lorsque la lumière est tout simplement magnifique et que les touristes ne sont pas encore là, est un moment d'une intensité rare.

Dans l'ancien village comptent un hamam et une mosquée, dont le minaret oscille lorsque quelqu'un monte son escalier. Comme à Kharanaq, les zoroastriens ont aujourd'hui abandonné presque tous leurs anciens villages pour la ville de Yazd, où on les reconnaît par leurs habits (petit "bonnet" blanc pour les hommes, tuniques fleuries pour les femmes). Quelques communautés subsistent toujours dans les montagnes.