FOCUS - La vieille ville de Yazd

05/09/2017

Parmi les plus anciennes villes de l'Unesco (3000 ans), entre les déserts de Dasht-e Kavir et Dasht-e Lut, Yazd la paisible... Aujourd'hui, la ville compte des quartiers très récents et ne cesse d'ailleurs de s'agrandir. Pourtant, au centre, existe toujours la vieille ville. 

Comme partout en Iran, être dans un immeuble (avec le digicode et tout ce qui va avec) est signe de richesse. La vieille ville, au contraire, est toujours un quartier pauvre : maisons en briques ou en terre sêchée, canalisations parfois apparentes, maisons délabrées, absence de trottoirs...

Marcher dans les ruelles de la vieille ville de Yazd, c'est trouver, enfin, le calme. 

Loin du vacarme de la rue iranienne, ici tout est silence. Personne ne te regarde puisqu'il n'y a personne en réalité. Parfois, tu croises une silhouette noire, une femme sous son chador qui te croise en rasant le mur pour essayer de capter le peu d'ombre existante. 

La vieille ville est faite pour flaner, se perdre. D'ailleurs rien n'est indiqué : tu prends un cul-de-sac une fois sur deux et tu reviens sans cesse sur tes pas. C'est un véritable labyrinthe, un dédale de petites rues qui serpentent et tu te retrouves bien vite perdue. Aucune logique dans l'agencement des rues : tu prends une rue à gauche et elle repique à droite ; tu crois marcher au nord et tu te retrouves au sud. N'espère même pas passer par la vieille ville si tu as un rendez-vous, car c'est impossible que tu arrives à l'heure. 

A Yazd plus que partout ailleurs en Iran, tu trouveras de vieilles portes traditionnelles. Elles ont deux loquets, un pour les hommes, l'autre pour les femmes, qui font un bruit différent lorsqu'on les cogne. Ceci afin de prévenir les femmes à l'intérieur du sexe de la personne à leur porte - pour qu'elles puissent se recouvrir en cas de visite masculine.

La vieille ville se situe derrière la grande mosquée Jameh ("Mosquée du Vendredi"). Il faut passer par le vieux bazar pour y accéder. 

Avec ses deux minarets, signe de sa haute importance, la mosquée Jameh surplombe les toits des maisons. Tous les habitants du quartier s'y rejoignent aux heures de la prière. 

Si les rues sont désertes l'après-midi à cause de la chaleur, à la tombée de la nuit, après la prière de 20h, la vie reprend. Les enfants, notamment, sortent jouer dehors au football. Dès qu'ils te croisent, ils crient (très) fièrement les quatre phrases d'anglais qu'on leur a appris, dans cet ordre ou dans un autre, peu importe :

Hello! How are you! Thank you! Byyyeee!

Lorsque tu leur réponds "I'm fine, and you?", ils te regardent, interloqués, prennent peur pour certains d'entre eux et tournent les talons. 

Les enfants aiment les photos et à Yazd ce sont eux qui te demandent de les photographier.