Omid (IR)

05/09/2017

Omid, chauffeur et guide touristique indépendant à Yazd (Iran).

Nous rencontrons Omid à Yazd. C'est lui qui nous aborde dans la rue.

"Hey, vous êtes français non ? Je reconnais bien les Français ! Où allez-vous ? 
- A la Tour du Feu.
- Non, non, il ne faut pas aller là-bas, il faut aller aux Tours du Silence.
- On ira, mais demain.
- Non, il faut y aller maintenant, juste avant le coucher du soleil. Je vous y conduis, ma voiture et juste ici."

On négocie le prix, et c'est parti pour un changement de plan. Sur le trajet, il parle, beaucoup, et débite ses phrases à la vitesse d'une mitraillette. Il rigole continuellement, aussi. Il nous explique qu'il a appris l'anglais tout seul, grâce à des bouquins et aux conversations avec ses touristes et c'est réellement impressionnant car c'est sûrement la personne parlant le mieux anglais que l'on a rencontré. Parler avec lui est facile et agréable, car il a beaucoup de conversation, tout l'intéresse. Omid est driver : il trouve des touristes dans la rue et les amène là où ils le souhaitent. Mais contrairement aux autres drivers, Omid ne reste pas dans la voiture en attendant le retour de leurs touristes : il adore les accompagner et faire le guide. Nous montant grimpons ensemble les Tours du Silence, pendant qu'il nous raconte l'histoire des Zoroastriens. Le lendemain, nous le reverrons puisque nous prendrons la voiture à 5h du matin avec Mathilde et Clément, deux Français rencontrés sur place, pour aller au village abandonné de Kharanaq et le sanctuaire zoroastrien de Chak Chak.

Comme partout en Iran, on arrive assez rapidement sur le sujet de la famille. Omid est divorcé depuis 2 ans. Surpris d'apprendre que le divorce est possible en Iran, on en profite pour lui demander comment ça se passe dans la loi islamique. Il nous explique qu'il faut que les deux parties se mettent d'accord : si l'un des deux ne souhaite pas divorcer, ce n'est pas possible. Il faut également qu'il y ait une bonne raison à la séparation : alcool, drogue, tromperie... On demande la raison de son divorce, en précisant que s'il ne veut pas répondre on comprendra. Mais il n'y a aucune gêne chez Omid : il nous explique que sa femme l'a trompé avec un autre, alors il a demandé le divorce. Il a également une fille, qui vit avec son ex-femme et qu'il voit tous les week-ends. Il n'aime pas les femmes de Yazd, trop coincées, préfère celles de Shiraz, réputées très libres. Sans aucune barrière, il enchaîne et raconte toute sa vie sexuelle, ce qui est assez gênant.

Omid ne parle que d'Europe. Il souhaite absolument se remarier avec une Européenne pour pouvoir obtenir un permis de résidence dans un pays européen. Puisque les Iraniens n'ont pas besoin de visa pour être en Turquie, il pense s'y installer d'ici quelques années et chercher une femme là-bas. Il demande s'il y a beaucoup de femmes russes en Turquie, puis si ce serait facile pour lui de trouver une femme en France. Il demande à Mathilde si sa petite soeur est célibataire et dit qu'il pourrait l'épouser et venir tous les jours chez Mathilde et Clément comme ça. En rigolant, on lui dit qu'il peut également trouver un mari français, si ça lui dit. C'était de la provoc, mais Omid a l'air intéressé et répond qu'il ne savait pas que l'on pouvait se marier entre hommes en France. Ca ne le dérangera pas d'être avec un homme du moment qu'il peut rester en France après. Il n'est pas trop demandant : homme ou femme, jeune ou pas, mais pas plus de 60 ans quand même faut pas exagérer non plus !